Tuesday, November 5, 2013

Dialogue des Carmélites (Poulenc)

Lire aussi : http://www.opera-lyon.com/spectacles/opera/fiche-opera/fichespectacle/dialogues-des-carmelites/ (avec vidéos intéressants)

Novembre est le « mois des morts » et aussi l’occasion de souligner le 50e anniversaire du décès de Francis Poulenc. En plus d’uin montage en fin de mois, j’ai programmé son opéra Dialogues des Carmélites comme opéra du mois de novembre.
Inspiré d’une nouvelle de Gertrud Von Le Fort (Die letzte am Schafott, trad. Lit. La Dernière à l'échafaud), l'opéra fut créé le 26 janvier 1957 à la Scala de Milan dans une version italienne de Flavio Testi. La première de la version française eut lieu à l'Opéra de Paris, le 21 juin de la même année.

L’opéra explore le drame entourant les carmélites de Compiègne, seize religieuses carmélites (cloîtrées) condamnées à mort en juillet 1794 par le Tribunal révolutionnaire pour motif de « fanatisme et de sédition ». Arrêtées et condamnées au plus fort de la Terreur, elles avaient, deux ans auparavant, fait le vœu de donner leur vie pour « apaiser la colère de Dieu et que cette divine paix que son cher Fils était venu apporter au monde fût rendue à l'Église et à l'État ». Leur mort paisible sur l'échafaud impressionnera les foules.
La protagoniste centrale (fictive) est Blanche de la Force. Blanche entre au carmel de Compiègne, comme pour se protéger dans le cocon du couvent. Mais sa peur continue de la hanter, et sa hantise de la mort est amplifiée par l’agonie terrible et misérable de la Prieure : pour ce modèle de foi pourtant, Dieu semble s’être retiré devant la peur de la mort et la souffrance.

Été 1794 : la Grande Terreur. Les carmélites ont été arrêtées, emprisonnées, jugées. Auparavant, le roi, la reine, Danton, Camille Desmoulins et des milliers d’autres ont été guillotinés, le marquis de la Force aussi, père de Blanche. C’est dans son hôtel particulier déserté que Blanche, ayant réussi à prendre la fuite, s’est réfugiée. Mais le 17 juillet, elle rejoint ses soeurs, chantant le Salve regina en montant à la guillotine. La dernière voix qu’on entendra sera la sienne...
On considère généralement Dialogues des carmélites comme un drame de la foi persécutée au temps de la Révolution française. Pour certains, le propos va plus loin et introduit un sentiment d’abandon, sinon de révolte pour ces sœurs délaissées face à la mort.

Compositeur et librettiste nous entraînent au cœur d’un drame de l’isolement où les certitudes se lézardent, où la mort de la Première Prieure n’est pas religieusement correcte. La violence déréglée du monde extérieur a déchiré le compromis qui justifiait leur isolement social. A quoi bon se retirer du monde quand il n’y a plus de monde à sauver ?

LA PERFORMANCE



La performance de l’opéra que j’ai retenue met en vedette la distribution originale de la création  Parisienne, sous le chef Pierre Dervaux. Il existe sans doute des perfoirmances plus modernes, mais celle-ci fut longtemps la référence pour cet opéra.

La performance offre aussi l’introduction du commentateur Sean Bianco.

Francis POULENC (1899–1963).
Dialogues des Carmélites, FP 159
Opéra en trois actes et douze tableaux., livret français tiré de la pièce de Georges Bernanos (avec l'autoristation de Emmet Lavery), d'après une nouvelle de Gertrud Von Le Fort et un scénario du RP Bruckberger et Philippe Agostini

DISTRIBUTION PRINCIPALE

Denise Duval (Blanche de la Force)
Régine Crespin (Mme Lidoine, la nouvelle prieure)
Liliane Berton (Soeur Constance)

Rita Gorr (Mère Marie)

Choeur et Orchestre du Théâtre National de l'Opéra de Paris
Pierre Dervaux, direction