Tuesday, July 17, 2012

« CAV et PAG » - Pagliacci



NDLR: La série « Billet de faveur » présente des billets qui n'ont pas encore été présentés en français. Ce billet fut publié originalement le 18 février 2012 sur 
OperaLively. Version originale:



http://operalively.com/forums/showthread.php/550-OTF-%96-Pagliacci?p=6261#post6261



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Le billet de faveur de cette semaine termine notre présentation du tandem « CAV et PAG » avec une réflexion sur Pagliacci de Ruggero Leoncavallo. Comme dans le cas de son prédécesseur de la semaone dernière, PAG explore des thèmes tels l’adultère, la trahison et l’honneur, et atteint son apothéose également avec des décès tragiques, mais cette fois au vu et au su de tous.

En 1890, au moment où Cavalleria rusticana reçôit sa première, Leoncavallo était un compositeur méconnu. Suite au succès de CAV, il décide de composer un opéra qui suivra les mêmes formules: court, composé à la verismo. La pièce de Catulle Mendès La Femme de Tabarin a beaucoup de traits communs avec PAG, et spécifiquement le clown qui tue son épouse. Plusieurs suggèrent aujourd’hui que Leoncavallo s’est inspiré de cette pièce pour le livret de son célèbre opéra, compte tenu du fait qu’il vivait à Paris au moment où la pièce était sur les planches.
  
PAG fut créé à Milan le 21 mai 1892 sous Toscanini, presqe deux ans jour-pour-jour après CAV.  Les deux opéras sont d’ailleurs offerts en tandem depuis 1893.

Le succès de PAG fut quasi-instantané, et ses grands moments transcendent la scène opératique, avec le fameux "Recitar! ... Vesti la giubba" qui représente le tour de force de choix de tous les ténors. Voici d’ailleurs une de mes interprétations préférées, par le ténor Italo-Américain  Mario Lanza:




La Prestation

Mon choix de prestation pour aujourd’hui en est une d’époque, qui forme le dernier volet du tandem CAV-PAG, tel qu’enregistré au début des années ’50 avec la Callas et et Giuseppe Di Stefano sous le chef Italien Tullio Serafin. Cette prestation peut être trouvée dans la vaste bibli musicale du site MQCD Musique Classique.


Ruggero LEONCAVALLO (1857 - 1919)
Pagliacci (1892)
Drame en deux actes avec prologue, libretto by Leoncavallo

Distribution:
Giuseppe Di Stefano - Canio, alias « Pagliaccio » dans la comédie, directeur d'une
Maria Callas - Nedda, alias « Colombina », son épouse
troupe de comédiens ambulants
Tito Gobbi - Tonio, alias « Taddeo », un clown
Nicola Monti - Peppe, alias « Arlequin »
Rolando Panerai - Silvio, un villageois, amant de Nedda
Orchestre et choeurs du Teatro alla Scala (Milan), sous Tullio Serafin
Lieu d’enregistrement: La Scala, Milan, juin1954

L’argument de Pagliacci (Tiré de http://www.operalyra.ca/media/Tab-Learn/Study_Guides/PagFinalFRguide.pdf)

PROLOGUE - L’orchestre se met à jouer, mais la scène est vide. Tonio le bossu passe sa tête entre deux pans de rideaux et demande s’il peut monter sur scène. Il informe l’auditoire que malgré le fait que certains personnages et traditions théâtrales leur seront familiers, l’histoire que présentent les comédiens est, en fait, une histoire vraie, emplie d’émotions vraies.

ACTE I - Le rideau se lève sur un petit village italien le jour de l’Assomption. Une trompette signale l’arrivée d’une troupe de théâtre itinérant. Canio, le chef de cette troupe, annonce aux villageois la tenue d’une représentation le soir même. Il invite alors Tonio et d’autres à prendre un verre, mais Tonio refuse l’invitation. Les villageois taquinent Canio que Tonio tentera de lui voler son épouse, Nedda. Celle-ci proteste son innocence, mais en vain, Canio soupçonnant déjà son infidélité.

Ils se rendent à la taverne et Nedda est laissée à elle-même pour chanter son désir de s’enfuir. Tonio s’approche d’elle et lui déclare son amour. Révoltée qu’il ait tenté de l’embrasser, Nedda le fouette. Tonio s’enfuit en courant, déclarant qu’il se vengera. Après le départ de Tonio, Silvio, un villageois, mais également l’amant de Nedda, approche. Elle l’avertit que Canio soupçonne leur relation. Il la rassure et lui déclare son amour.

Tonio surprend leurs propos et s’empresse d’aller en informer Canio. Entre-temps, Silvio tente par tous les moyens de convaincre Nedda de s’enfuir avec lui. Elle résiste initialement, mais accepte finalement, au moment même où survient Canio, qui surprend l’échange. Celui-ci s’emporte, mais Silvio réussit à s’échapper au dernier moment. Canio menace Nedda de son poignard et lui ordonne de lui dévoiler le nom de son amant. Beppe, un autre comédien, intervient. La troupe se disperse et Canio est laissé à lui-même. Attristé de l’infidélité de sa femme, il s’effondre en larmes alors même qu’il applique son maquillage de scène et enfile son costume. Son coeur se brise au plus profond de lui, mais extérieurement, il doit tenir le rôle de clown.

ACTE II - Les villageois s’assemblent devant la scène; parmi eux se trouve Silvio. Comme la pièce commence, Nedda, qui incarne le personnage de Colombina, attend son amant, Arlecchino. Elle l’entend lui faire la sérénade alors même que Tonio, qui joue le rôle de son valet, Taddeo, entre en scène. Il lui déclare son amour dans un discours outrancier. Arlecchino s’introduit par une fenêtre et met Taddeo dehors en le tirant par l’oreille. Les deux amants échafaudent des plans en vue d’administrer à Pagliaccio un somnifère, afin qu’ils puissent s’enfuir ensemble. Taddeo les avertit que Pagliaccio – le personnage que joue Canio – s’approche. Arlecchino réussit à s’enfuir à l’arrivée de Pagliaccio, qui surprend Colombina adressant une dernière parole tendre à son amant. Voilà qui est trop pour Canio; hors de lui, il exige de savoir le nom de son amant. Nedda, toujours dans le rôle de Colombina, répond par des légèretés, mais Canio perd le contrôle et lui lance en chantant : « Non, je ne suis pas Pagliaccio! » (« No, Pagliacci non son! »). Les villageois jubilent, mais tombent des nues lorsqu’ils comprennent qu’ils n’assistent plus à une représentation théâtrale, mais plutôt à un drame bien réel. Beppe tente d’intervenir, mais Tonio le retient. Nedda tente de s’échapper, mais Canio la poignarde. Agonisante, Nedda appelle Silvio, qui se précipite vers elle. Mais le couteau de Canio l’attend, lui aussi. Comprenant soudainement l’horreur qu’il a commise, Canio, hagard, laisse tomber son arme, se tourne vers le public et annonce avec amertume : « La comédie est finie ».

Livret en Italien (de Leoncavallo lui-même) : http://home.earthlink.net/~markdlew/lib/pagliacci/
Hyperlien: http://www.mqcd-musique-classique.co...ead.php?t=4948

Bonne écoute!



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A NE PAS MANQUER

Le deuxi'me volet de l'été des sonates met en vedette le pianiste Canadien Glenn Gould dans des sonates pour piano de Berg, Beethoven, Mozart, Scarlatti, Haydn et une sonate pour violon de Bach. Visitez  http://www.mqcd-musique-classique.com/forum/showthread.php?p=110595#post110595 .